Présentation des rapports de la Halte Soins Addictions Argos

La HSA Halte Soins Addictions est un dispositif expérimental ouvert en 2016 proposant dans le cadre de ses missions de réduction des risques : Un accueil ouvert 7/7j, un accès aux droits et aux soins, un espace de consommation supervisé par des professionnels et enfin un dispositif de soin et d’hébergement pour Argos à Strasbourg.

Nos missions

Réduire la mortalité et les morbidités infectieuses ; l’exclusion sociale des usagers de drogues ne fréquentant pas les dispositifs de réduction des risques et de soins existants par l’ouverture d’un espace sanitaire de consommation de produits psychoactifs. C’est un outil de contact complémentaire des autres dispositifs de première ligne.

La HSA participe activement à la tranquillité publique, à la veille sanitaire, et à l’accès aux soins des personnes accueillies.

Consultez les différentes ressources concernant la Halte Soins Addictions Argos

Le public de la HSA Argos à Strasbourg

Depuis l’ouverture en 2016, 2300 personnes différentes ont fréquenté la HSA, et il y a eu 70 000 sessions de consommations et 122 000 passages.

Les principaux produits consommés et le mode de consommation en 2024

Les produits majoritairement utilisés en espace de consommation sont la cocaïne pour 46%, les opiacés pour 52% (dont le fentanyl à 33%).

Le mode de consommation reste majoritairement l’injection pour 68,3%, puis l’inhalation pour 27,8%, et le sniff pour 3,8%.

En parallèle nous proposons des consultations de médecine générale, de psychiatrie, psychologiques, infirmiers et des entretiens sociaux.

Résultats/Rapports et évaluation depuis l’ouverture

Le dernier rapport en date est celui de l’IGAS-IGA qui a été commandé par les ministres de l’Intérieur et de la Santé au printemps 2024. Il repose sur une consultation approfondie au cours de laquelle plus de 170 personnes ont été auditionnées, incluant des riverains, des usagers de drogues, des professionnels des HSA et de la réduction des risques, des représentants de la police et de la justice, des élus locaux et des responsables institutionnels. Ce rapport conclu à la nécessité de pérenniser les salles et à leur passage dans le droit commun.

Une évaluation scientifique est en cours par le service d’évaluation économique en Santé – Pôle Santé Publique – Hospices Civils de Lyon. Ces derniers devraient rendre leur rapport prochainement, l’objectif étant de présenter un rapport au parlement pour le mois de juin 2025.

Tous les rapports établis depuis l’ouverture ont conclu en faveur d’une pérennisation des HSA, du fait de :

  • l’amélioration de la tranquillité publique, les salles n’engendrent pas de délinquance.

  • l’amélioration de la santé des usagers,

  • de bénéfices collectifs (économie de santé, accès facilité aux droits et aux soins, lien avec un public très précaire et très éloigné des politiques publiques, etc…).

  • l’intérêt de la veille sanitaire (émergence de nouveaux produits, consommations, pratiques).

Le contexte européen

Une fin d’expérimentation en décembre 2025, avec une incertitude à ce jour pour la suite.

Il y a nécessité d’inscrire dans le droit commun les HSA afin de prévoir, en droit, la possibilité d’ouvrir de nouveaux espaces de consommation supervisés et de pérenniser les deux HSA existantes.

Les risques d’une fermeture seraient une augmentation des consommations de rue et de situations d’errance, des risques de majoration d’épisodes de surdoses et de passages aux urgences, une dégradation de la tranquillité publique, un contact perdu avec des populations qui sont éloignées du soin, et une baisse significative de la prévention des crises sanitaires (opioïdes, cocaïne).

De plus, si aucune autre HSA ne voit le jour, cela engendrerait une inégalité sociale et territoriale de santé.